Comprendre et faire la différence passion et amour

Pour la majorité des gens, l’amour équivaut à la passion. Pourtant, il existe un monde de différences entre le sentiment amoureux et la fusion passionnelle.

Bien qu’un grand nombre de relations amoureuses puissent être basées sur une attirance passionnelle, la passion ne suffit pas à garantir le succès d’un couple.

La passion, distraction du cœur

La passion, distraction du cœur

La passion est une émotion violente, puissante et envahissante qui domine facilement la raison. Elle correspond à une véritable perte de contrôle rationnel sur nos sensations, nos émotions et nos comportements. D’où les expressions : « tomber en amour » ou « coup de foudre ».

En présence de l’être convoité, nous flottons et son absence ou la peur de le perdre nous fait paniquer. Nous avons hâte de retrouver la source de tant d’intensité et espérons que cet état durera toujours.

Les neurobiologistes ont démontré que nos aisselles sécrètent des phéromones qui pénètrent dans les narines de l’autre pour stimuler l’hypothalamus qui éveille alors tous nos sens.

Le nez constituerait notre premier organe sexuel à notre insu. En fait, nous ne sommes pas amoureux de l’être désiré, nous sommes « drogués » par les sensations et les émotions que nous éprouvons en sa présence.

Après une rupture, nous éprouvons les mêmes symptômes qu’un héroïnomane en manque.

De toutes les hormones en cause, les trois suivantes sont les plus importantes :

La phényléthylamine (PEA) : cette dernière est une amphétamine produite par le cerveau qui agit comme stimulant et produit un effet euphorique. On en trouve dans le chocolat, le cadeau préféré des amoureux. C’est la PEA qui provoque les « coups de foudre ».

L’ocytocine, surnommée la « molécule du câlinage » ou « hormone de l’amour » : elle diminue l’agressivité et augmente la sociabilité (altruisme, empathie, confiance et générosité). Les femmes en produisent énormément, surtout lors de la grossesse, alors que l’homme n’en produit qu’après l’acte sexuel. La biologie prouverait donc que c’est le sexe qui amène l’homme à l’amour et l’amour qui amène la femme au sexe. L’ocytocine favorise également l’attachement.

Il y a enfin la dopamine qui est l’hormone du plaisir. En présence de la personne convoitée, elle est produite en grande quantité.

Ces hormones citées sont responsables des « symptômes » de la passion : obsessions incontrôlables ; minimisation des défauts de l’être désiré ; panique devant la perte de l’être désiré ; émotions en montagnes russes ; peur de déplaire à l’autre.

Finalement, la passion est une émotion intense mais passagère (de 12 à 14 mois). Les passionnés sont toujours à la recherche d’une nouvelle illusoire âme sœur qui leur donnera l’impression de vivre réellement. Mais inconsciemment, ils sont sous le contrôle de leurs hormones. N’oublions pas que le mot passion vient du verbe latin « pati » signifiant souffrir.

L’amour : la fusion de deux âmes en une seule

L'amour

C’est la passion, et non l’amour, qui est aveugle. Mais heureusement la vie à deux rend la vue.

C’est d’ailleurs la première crise dans l’évolution d’un couple : la découverte de qui est réellement la personne qui a suscité en nous autant de sensations, d’émotions et de rêves.

En fait, l’amour c’est ce qui se développe, ou non, au fur et à mesure que la passion passe et au fur et à mesure que nous connaissons l’être désiré.

L’amour est l’objectif du couple, non sa base. Basé aussi sur l’attirance physique, l’amour est un sentiment dans lequel la raison intervient davantage. Ce sentiment est beaucoup plus doux que la passion. Il englobe la tendresse, l’admiration, l’amitié et la réalisation de projets communs à long terme.

Alors que la passion crée la dépendance, l’amour crée l’attachement : un sentiment d’affection et de sympathie. Deux personnes qui s’aiment se regardent, mais regardent aussi dans la même direction.

Les membres des couples heureux à long terme ont pris le temps, avant de s’engager, de vérifier s’ils sont compatibles. Partagent-ils la même philosophie de vie ? Ont-ils les mêmes principes éducatifs ? Les mêmes attitudes face à l’argent ? Etc.

Ils ne partent pas du principe qu’ils vont nécessairement être d’accord parce qu’ils s’attirent et s’aiment. La stabilité plutôt que l’intensité, la connaissance plutôt que l’inconscience sont les deux caractéristiques d’un véritable engagement amoureux.

Les passionnés diront : qu’est-ce l’amour sans passion ? Le problème est que la lune de miel du début dure rarement plus d’un à deux ans. La fusion (illusoire à long terme) est l’objectif des passionnés. La réalisation de soi et de l’autre est l’objectif ultime des amoureux.

Des sociologues nous prédisent, devant l’espérance de vie de plus en plus longue, que nous pourrions vivre quatre types de couples différents.

Un premier couple pour apprendre à vivre à deux. Puis, un deuxième pour assurer la survie de l’espèce humaine. Un troisième pour nous aider chacun à s’épanouir. Enfin, un quatrième pour nous accompagner vers la fin.

La question est : pourra-t-on vivre ces différents couples avec un même partenaire ou avec deux, trois ou quatre partenaires ?

Le choix est le vôtre puisque, d’après Scott Peck (psychiatre et psychologue), l’amour est une décision basée sur la connaissance de l’autre.

Les relations toxiques et le processus d’emprise psychologique

Certaines victimes de violences ou de relations toxiques mettent des années à rompre le silence et à rompre tout court, notamment dans le cadre de violences conjugales. Dans l’après coup, ces personnes se disent souvent « sous emprise ». Qu’est-ce que cela implique ?

Emprise psychologique : qu’est-ce que c’est?

Emprise psychologique

Beaucoup de personnes qui ne sont pas ou n’ont jamais été victimes de violences ou de relations toxiques (physiquement ou psychiquement) ont du mal à comprendre qu’une personne vivant cette situation puisse rester dans la relation. Bien souvent elles les jugent et vont même jusqu’à penser que « si la personne reste c’est qu’elle le souhaite ». C’est une parole terrible pour les victimes car ce n’est jamais le cas.

Si la victime porte plainte, on lui reprochera presque son silence ou qu’elle ait mis autant de temps à réagir. On la culpabilise encore plus alors qu’elle souffre déjà d’un immense sentiment de culpabilité inconscient qui la maintient dans cette relation de souffrance.

Pourtant, si la victime met tant de temps à rompre le silence c’est par peur ou par honte mais pas seulement, il y a aussi cette notion d’emprise qui la tient en laisse.

L’emprise c’est comme la partie visible de l’ iceberg : on n’en voit que la surface émergée (les violences physiques, les homicides, etc.). Toutefois, si la personne sous emprise ne réagit plus aux coups c’est parce qu’en amont ces coups ont été préparés par de la violence psychologique. La victime a fini par s’habituer à être dénigrée, disqualifiée… elle qui souvent a déjà une mauvaise estime de soi.

Mécanisme de l’emprise

Elle s’établit avec le temps. Elle débute par une phase de séduction narcissique, une alternance de violences et de marques d’affection. Un brouillage s’opère : une alternance de mots “gentils” puis de dénigrements, et si vous réagissez, on vous reproche votre manque d’humour.

Ce brouillage a un effet direct sur le plan cognitif : il paralyse et affecte la personne. La victime perd son esprit critique et est complètement déstabilisée. Elle ne sait plus quand ni comment réagir sous peine de se voir encore culpabilisée. C ‘est là que la soumission progressive à son agresseur s’installe parce que ce mécanisme fragilise de plus en plus la victime. Cette dernière, sous emprise, va chercher du sens, des raisons de rester parce que le cerveau ne supporte pas cette dissonance cognitive : elle va se souvenir que des fois son agresseur sait aussi se montrer gentil.

L’emprise, c’est également un lavage de cerveau, un acte renforcé par un climat d’intimidations (des portes qu’on claque, des objets que l’on jette ou brise, un couteau avec lequel on joue) et de menaces (de mort , ou encore d’enlever les enfants, d’arrêter de verser de l’argent… voire de chantage au suicide).

L’isolement…

L’isolement est un autre mécanisme qui vient renforcer l’emprise exercée sur la victime, donnant ainsi à l’agresseur les pleins pouvoirs. Il isole progressivement la victime de sa famille, de ses amis, de son travail, de toute vie sociale. il critique tout tiers qui pourrait permettre à la victime de remettre en question cette emprise : « tu vaux mieux que ta famille, ils ne te méritent pas…». Des flatteries manipulatrices visant à mettre en valeur l’agresseur, et à ce que la victime rompe tout lien.

Cet isolement progressif renforce la dépendance de la victime devenue quasi totale. La violence, pendant ce temps, ne fait qu’augmenter et affaiblir la victime qui peine à reconnaître sa situation ou en tout cas s’en sent complètement coupable. De plus, inconsciemment, l’agresseur transpose sur sa victime son propre sentiment de culpabilité.

L’entourage n’ose pas s’en mêler de peur de mal interpréter une situation, d’avoir des ennuis ou d’en vouloir à la victime qui retourne à chaque fois auprès de son agresseur. En effet, l’entourage estime que si la victime ne part pas, c’est qu’elle ne le souhaite pas. Alors qu’en réalité, c’est surtout que cette dernière se sent prise au piège.

Du côté de la victime

Emprise psychologique

Quand on est sous emprise, on ne se considère pas comme victime de violences, on est dans une forme de déni. Ce qui peut aider les victimes à en parler, c’est de trouver quelqu’un qui va apporter un point de vue extérieur. Certaines personnes prennent conscience de la violence quand elle se déplace sur leurs enfants par exemple.

Pourquoi la victime se soumet-elle ?

La soumission c’est aussi une stratégie d’adaptation afin de se protéger. En effet, la victime estime que si elle choisissait l’opposition frontale, elle ne ferait qu’aggraver la situation.

Elle essaye de négocier pour éviter que cela n’empire. On retrouve ce procédé dans les cas de harcèlement. La victime va essayer d’esquiver, de trouver une stratégie pour calmer son harceleur. On parle parfois de viol conjugal. Cependant, sous emprise, beaucoup de femmes disent que quand cela peut dégénérer, elles acceptent des relations sexuelles y compris des pratiques sexuelles qu’elles désapprouvent habituellement. Cela pour faire chuter la tension, la montée de la violence.

L’emprise est difficile à prouver et les victimes craignent qu’on doute d’elles.

L’agresseur peut aussi chercher à faire passer sa victime pour folle puisque souvent les choses se passent à huis clos. Sans témoins des violences psychologiques et/ou physiques subies par la victime, l’agresseur peut offrir un double visage qui discréditerait cette dernière. Ainsi, elle finit par se taire.

La victime n’a pas non plus toujours conscience des ses droits et que certains sont violés par son agresseur (confiscation des papiers, séquestration…).

Dans tous les cas de relations toxiques ou violentes, il est conseillé de monter un dossier pour se défendre. Il faut pouvoir réunir des éléments de preuve : demander des certificats médicaux, rassembler des témoins, conserver des enregistrements, des SMS.

Peut-on aider une personne sous emprise ?

Oui, il faut oser lui en parler. Ne pas être pressé pour ne pas l’affoler, l’aider à sortir du brouillard, retrouver son sens critique. Il faut l’aider à comprendre que ce qu’elle vit n’est pas normal, qu’elle peut s’en sortir.

La victime peut encore être dans le déni ou bien se méfier de cette personne qui prétend vouloir l’aider et craindre un piège et des sanctions de son agresseur. Parler avec douceur et  patience permet de réussir à gagner sa confiance. Petit à petit en discutant avec la victime, on l’aide à se demande si ce qu’elle vit est son choix, si elle souhaiterait que ses enfants vivent cette même situation une fois adultes. Cela aide la victime à prendre conscience de sa réalité.

Peut-on sortir de l’emprise d’une personne ?

Cela prend du temps, la victime a besoin de soutien. L’accompagnement doit inclure les périodes de retour de la victime vers son agresseur, du fait même de cette emprise et donc ne doit pas décourager les aidants.

Au contraire, la victime s’entraîne par ces allers-retours à s’autonomiser : elle teste sa capacité, elle qui a été si souvent conditionnée.

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3 conseils pour une sexualité épanouie dans le couple

Avec le temps, la sexualité dans le couple évolue au fil de la relation. Les rapports se font moins fréquents, le désir se transforme et une certaine routine se met en place. Pour autant, la sexualité reste un des piliers essentiels pour l’épanouissement du couple ! Découvrez nos conseils pour raviver la flamme.

La sexualité, pilier d’un couple heureux

3 conseils pour une sexualité épanouie dans le couple

Une sexualité épanouie est l’une des clés pour vivre une relation amoureuse heureuse. Elle permet plus concrètement de se rapprocher de son/sa partenaire et de vivre une profonde connexion avec lui/elle. La fréquence des relations sexuelles n’est pas si importante en soi, du moment que les deux partenaires en sont satisfaits et ne ressentent pas de frustration liée à une abstinence trop longue.

Nos vies personnelles, familiales et professionnelles sont également généralement bien remplies ! Il est parfois difficile de pouvoir se retrouver et prendre du temps pour soi, et pour le couple.

La sexualité permet de s’accorder un moment ensemble, sans distractions, pour retrouver la complicité et le désir d’être avec son conjoint.

Nos 3 conseils pour s’épanouir dans sa vie sexuelle !

3 conseils pour une sexualité épanouie dans le couple

La vie sexuelle dans le couple s’entretient au quotidien ! Regards, caresses, projets communs, mots doux, petites attentions envers son ou sa partenaire contribuent à stimuler l’intérêt, le plaisir d’être ensemble et le désir pour l’autre.

1. Entretenir la communication

Rien de pire que les non-dits dans une vie de couple, et en particulier en ce qui concerne la sexualité. Si aborder le sujet peut être parfois délicat, communiquer sur ses désirs et ses envies est essentiel pour aller de l’avant et éviter les frustrations, l’incompréhension et les problèmes de couple.

Pour que la communication soit efficace, la franchise est indispensable ! Parler dans des termes simples évitera également les mauvaises interprétations.

2. Oser sortir de la routine pour pimenter la sexualité du couple

Pour briser la routine conjugale quotidienne, organiser des moments à deux lorsque cela est possible de temps en temps ne sera que bénéfique pour le couple et pour se retrouver hors des activités quotidiennes ! Tester de nouvelles positions sexuelles sous la couette, modifier ses habitudes et les lieux permettra également d’ajouter un peu de nouveauté et de pimenter la relation.

3. Entretenir le désir

Lorsque l’on vit ensemble, le désir sexuel et l’attirance baissent généralement au fil des années pour laisser place à la tendresse. Nous avons tendance après plusieurs années de mariage à “prendre pour acquis” notre partenaire. Le ou la voir passer du temps seul(e) avec ses amis peut raviver l’attirance et le désir pour l’autre, et contribuer à entretenir la flamme !

Au-delà de ces quelques conseils, une seule règle d’or : que la sexualité dans le couple convienne aux deux partenaires, sans frustration ni obligation !

Le couple va mal !

Article Rédigé par Yvon Dallaire

Chers lecteurs et lectrices,

Yvon Dallaire, psychologue, formateur, auteur et conférencier québécois, partage avec vous cet article sur : “la femme, un être de relation“.

Le couple va mal, très mal, particulièrement au Québec. De 5 % en 1890, le taux de divorce est passé à 18 % en 1920 et à 30 % en 1950. Pour les couples mariés durant les années 70, le taux s’élève à 50 %. Si la tendance se maintient, seul trois couples sur dix mariés depuis 1990 le resteront à vie.


 

Les facteurs à l’origine de l’augmentation du taux de divorces sont multiples :

  • L’espérance de vie est passée de 40 en 1850 à 80 ans au tournant du XXe siècle ;
  • La méconnaissance ou le refus des différences hommes-femme ;
  • L’ignorance des dynamiques conjugales inhérentes à la vie à deux ;
  • La baisse de la pratique religieuse ;
  • La découverte de la pilule et la révolution sexuelle des années 70 ;
  • Le relâchement des mœurs et des lois plus permissives sur le divorce ;
  • La culture du Moi (me, myself and I) et la philosophie du « ici et maintenant » ;
  • La culture des loisirs à tout prix, la société de consommation et du « jeter après usage
  • Tous ces facteurs ont poussé les divorces à la hausse.

 

L’émancipation féminine, favorisée par une plus grande autonomie financière des femmes, semble toutefois être l’élément majeur de l’augmentation du taux de divorce : les femmes d’aujourd’hui n’acceptent plus, avec raison, de vivre des situations que leurs grands-mères n’avaient pas le choix d’endurer à cause de leur dépendance financière. Les hommes et les femmes divorcent parce qu’ils ne se sentent pas heureux en mariage ou parce qu’ils ne réussissent pas à se développer au plan personnel. Et les femmes, plus que les hommes, ont l’impression que les liens du mariage les transforment et les étouffent, leurs plus grandes attentes n’étant pas satisfaites. C’est d’ailleurs la sociologue féministe Evelyne Sullerot qui concluait que le désenchantement consécutif à la lune de miel était la principale raison qui amenait les femmes à demander le divorce [1]. N’oublions pas, toutefois, que beaucoup d’hommes, en ne tenant pas compte des demandes de leur partenaire, favorisent ce désenchantement.

 

Et pourtant…

Malgré les difficultés de la vie à deux, le couple constitue toujours le meilleur style de vie et la meilleure garantie de bonheur à long terme. Les gens mariés et heureux ont une espérance de vie augmentée de 6 à 9 ans ans et sont 35 % moins souvent malades que les célibataires [2]. Les enfants de mariage stable sont mieux adaptés et réussissent mieux à l’école. Le taux de suicide des célibataires, particulièrement chez les hommes, est dix fois supérieur. Ce qui ne veut pas dire que des célibataires ne peuvent pas être heureux, mais il semblerait que cela soit beaucoup plus difficile.

 

Pour former une relation amoureuse à long terme, il faut de l’attirance physique, certes, mais aussi de l’admiration pour la personne que nous découvrons dans le corps qui nous attire. L’amour est l’objectif du couple : c’est ce qui remplace la passion, laquelle ne peut que s’émousser avec le temps. Un couple constitue un plan de vie qui nous permet de satisfaire de nombreux besoins : aimer et être aimé, communication, chaleur humaine, support émotif et moral, sentiment d’appartenance, sexualité et complicité à travers les épreuves de la vie [3]. Le couple sert aussi à réaliser des projets tels la famille, la constitution d’un patrimoine, la réalisation professionnelle, la vie sociale et une retraite heureuse.

 

Encore faudrait-il apprendre à aimer la personne avec laquelle on s’investit et se débarrasser de toutes les illusions sur le couple ! J’y reviendrai dans une prochaine chronique.

 

Les Québécois possèdent le taux de nuptialité le plus bas au monde et sont aussi les champions mondiaux de la cohabitation [4]. C’est aussi au Québec que les unions libres sont les plus stables [5].

 

Vous trouverez un tableau sur les taux de nuptialité à http://www.yvondallaire.com/pdf/1.Le_couple_va_mal.pdf

 

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[1] Lors d’une entrevue accordée à la journaliste Renata Libal du magazine l’Hebdo, #39, 25 septembre 1997,

[2] C’est la conclusion à laquelle de nombreuses recherches en psychologie positive arrivent.

[3] Vous trouverez un test d’évaluation de votre bonheur conjugal en 25 questions à http://www.yvondallaire.com/wp-content/uploads/2015/11/Testbonheurconjugal.pdf.

[4] Vous trouverez tous les taux de nuptialité pour l’Europe à http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/File:Crude_marriage_rate,_selected_years,_1960-2015_(per_1_000_persons)_YB17-fr.png. Pour les autres pays, consultez leurs bureaux de la statistique.

[5] Les unions libres sont plus stables au Québec. http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201409/02/01-4796319-les-unions-libres-plus-stables-au-quebec.php.

Non, la violence faite aux femmes n’est pas un mythe !

Article Rédigé par Dominic Anton

Chers lecteurs et lectrices,

Nous sommes ravis de partager avec vous ce formidable article de Dominic Anton – Psychothérapeute.


En 2013, 121 femmes et 25 hommes ont été tués par leur compagnons/es ou ex-compagnons/es. A ces décès, il faut ajouter la mort de 8 femmes et 5 hommes, tués par leur partenaire dans une relation non officielle. Le nombre total de décès s’élève donc à 129 pour les femmes et 30 pour les hommes.

En 2006, l’enquête « Contexte de la sexualité en France » mené par l’INSERM et l’INED, à l’initiative de l’agence nationale de recherche sur le SIDA, a permis de mesurer le nombre de personnes ayant subi des violence sexuelles (attouchements, tentatives de rapport forcé ou rapports forcés) au cours de leur vie. Ces violences ont concerné 20,4 % des femmes et 6,8 % des hommes âgés de 18 à 69 ans. (Source : enquête « Contexte de la sexualité en France », INSERM-INED, 2006.)

Dans la rue, les transports en commun ou les lieux publics, l’agression la plus fréquente est l’insulte ou la menace verbale. Nombreuses sont les femmes interrogées qui disent en avoir été victimes; pour plus de la moitié d’entre elles, cet affront s’est répété. Dans 25 % des cas, les femmes connaissent la personne qui a proféré l’insulte.  Connus ou non, les trois quarts des auteurs sont des hommes. L’agression verbale est plus fortement répandue dans les grandes villes et surtout en région parisienne, en liaison sans doute avec l’usage plus généralisé des espaces collectifs et des transports en commun.

Il est aujourd’hui assez fréquent d’entendre des hommes faire état de la violence existante envers le genre masculin dans une opposition à la reconnaissance de celle agit envers les femmes, est ce une démarche, qui autorise une approche à réduire et espérer voir disparaitre la violence quelque soit le sexe qui la subit ?

Vouloir comparer l’incomparable me semble dénuer de tout bon sens, le seul objectif qui devrait être visé reste la recherche de solutions en commun, aller vers des résultats et non des constats qui n’ont pour seul intérêt de ne pas être pertinents dans la lutte contre la violence quelle qu’elle soit.

 

Le monde et les femmes. (source O.N.U)

La violence à l’égard des femmes ne se limite pas à une culture, une région ou un pays en particulier ni à des groupes spécifiques de femmes au sein d’une société. Les racines de la violence contre les femmes se trouvent dans la discrimination persistante à leur égard.

Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie !

Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis.

On estime que, dans le monde entier, une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie.

 

Forme de violence sexuelle, la pratique du mariage à un âge précoce est courante dans le monde entier, notamment en Afrique et en Asie du Sud. Le mariage et les relations sexuelles sont souvent imposés à de très jeunes filles, ce qui comporte des risques pour leur santé, y compris l’exposition au VIH/sida, et limite la durée de leur scolarité.

L’incapacité des femmes de négocier des relations sans risques et de refuser des rapports sexuels non désirés est étroitement liée à la fréquence élevée du VIH/sida. Un rapport sexuel non désiré a pour conséquence un risque d’abrasion et de saignement plus élevé et une transmission plus facile du virus.

Les femmes battues par leur partenaire ont 48 % de chances de plus d’être infectées par le VIH/sida.

Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle et de plus en plus fréquemment infectées par le VIH/sida. Plus de la moitié des nouvelles infections à VIH dans le monde se produisent parmi les jeunes de 15 à 24 ans et plus de 60 % des jeunes séropositifs de cette tranche d’âge sont des femmes.
Entre 500 000 et 2 millions de personnes font l’objet de traite tous les ans à des fins de prostitution, de travail forcé, d’esclavage ou de servitude, selon les estimations. Les femmes et les filles représentent près de 80 pour cent des victimes découvertes.

La mutilation génitale féminine désigne différents types d’opérations d’excision effectuées sur les femmes et sur les filles.

  • On estime qu’entre 100 et 140 millions de filles et de femmes vivant actuellement ont subi des MGF/MSF, principalement en Afrique et dans certains pays du Moyen-Orient.
  • On considère que chaque année 3 millions de filles sont menacées de mutilations génitales.

Le meurtre pour cause de dot est une pratique brutale dans laquelle une femme est tuée par son mari ou sa belle-famille parce que sa famille ne peut pas répondre à leurs exigences concernant la dot, paiement fait à la belle-famille d’une femme lors de son mariage comme cadeau à sa nouvelle famille.

Alors que les dots ou paiements de ce genre sont courants dans le monde entier, les meurtres pour cause de dot se produisent essentiellement en Asie du Sud.

Dans nombre de sociétés, les victimes de viol, les femmes soupçonnées de relations sexuelles pré-conjugales et les femmes accusées d’adultère sont tuées par des membres de leur famille, car toute atteinte à la chasteté d’une femme entache, selon eux, l’honneur de la famille.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) estime que jusqu’à 5000 femmes sont victimes de « crimes d’horreurs » chaque année.

La violence avant et pendant la grossesse a de graves répercussions sur la santé tant de la mère que de l’enfant. Elle entraine des grossesses à haut risque et des problèmes liés à la grossesse, notamment la fausse-couche, l’accouchement prématuré et l’insuffisance de poids à la naissance.

L’infanticide féminin, la sélection prénatale en fonction du sexe et la négligence systématique des filles sont répandus en Asie du Sud et de l’Est, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Nombre de femmes sont confrontées à des formes multiples de discrimination et à des risques accrus de violence.

  • Les femmes autochtones du Canada courent cinq fois plus de risques de mourir des effets de la violence que les autres femmes du même âge.
  • En Europe, en Amérique du Nord et en Australie, plus de la moitié des femmes handicapées ont été victimes de maltraitance contre un tiers pour les femmes non handicapées.

La violence à l’égard des  femmes en garde à vue est courante et comprend la violence sexuelle, une surveillance inappropriée, des fouilles à nu effectuées par des hommes et des demandes d’actes sexuels en échange de privilèges ou de nécessités de base.

Doit on oublier que la violence envers une catégorie sexuée ne s’arrête pas aux frontières de notre pays ? Doit on banaliser un état de fait simplement car il n’est pas uniquement question de nos compagnes ? Sommes nous si peu en phase avec la réalité que le seul “combat” à mener soit celui d’opposer la violence faite aux femmes à celle faite aux hommes dans notre culture occidentale ?

Alors oui messieurs, il existe une violence envers les hommes, oui elle n’est pas à banaliser, mais soyons unis dans la recherche de solutions plutôt que de créer des comparaisons inutiles et juste alimentant la poursuite d’une autre forme de violence.

 

Si vous aussi vous souhaitez bénéficier de conseils ou d’accompagnement, retrouvez votre thérapeute sur www.positiveyou.co.