La crise de la quarantaine, pourquoi et quand apparaît-elle?

Vous avez dit « Crise de la quarantaine » ?

Crise de milieu de vie

Il est une période de la vie qui passe souvent incognito en apparence, contrairement à l’enfance et à l’adolescence, et pourtant riche en changements : il s’agit de ce moment particulier de l’âge adulte, assez long de nos jours, qui est encore loin de la vieillesse, mais plus tout à fait proche de la jeunesse…

Cette période s’étale au moins entre 40 et 50 ans, parfois avant, parfois après. Pour plusieurs d’entre nous, elle signe un nouveau départ ; pour d’autres, le déclin. Elle s’accompagne de transformations personnelles parfois très intérieures ou de bouleversements spectaculaires. On parle de « crise de la quarantaine» ou encore de « crise de milieu de vie ».

La gestion de ses émotions devient difficile, la peur du vide et du non-sens s’installe, toute innovation est considérée comme une supercherie, l’entourage, proche ou lointain, semble avoir changé…

« Crise de milieu de vie » c’est-à-dire ?

Cette expression de « crise de milieu de vie » prête à une double confusion. La première concerne l’idée de « milieu » qui, loin d’être arithmétique, est plutôt d’ordre symbolique : on peut la remplacer par les termes de « midi » ou de tournant de la vie.

La seconde confusion porte, évidemment, sur la notion de « crise » qui, de prime abord, suscite l’inquiétude. Pourtant, s’arrêter à cette conception étroite serait d’oublier que les crises, contrairement aux catastrophes, ont un versant constructif voire salutaire.

Quand et comment se manifeste-t-elle ?

À un moment donné de notre vie d’adulte, nous prenons conscience, clairement ou confusément, brusquement ou progressivement, de la finitude de l’existence : c’est-à-dire que tout passe, tout casse et tout lasse.

Jusque-là tournés vers l’avenir, nous commençons à regarder involontairement en arrière, à dresser le bilan de notre passé, à analyser ce que nous avons fait… Que la réussite ou l’échec prédomine, le milieu de vie est justement ce moment où l’on prend de la distance vis-à-vis de soi-même,  un moment de rupture dans la continuité et de déséquilibre relatif. Même dans la situation idéale qui serait de ne ressentir aucun regret, des renoncements s’annoncent, inévitables, d’autant que le temps pour réaliser de nouveaux projets est compté.

Un carrefour d’opportunités ! 

Crise de milieu de vie

Le milieu de vie est ce carrefour où il est possible de prendre un nouveau départ, selon que la route a été bonne ou chaotique. Certains décident, après réflexion et/ou après un travail avec l’aide d’un psychologue, de continuer la même direction.

D’autres, après un temps d’arrêt, bifurquent pour prendre un autre chemin qui leur paraît plus ou moins long, plus ou moins agréable, ne serait-ce que pour s’assurer qu’ils étaient bien sur la bonne voie.

C’est là que les insatisfactions, les regrets et la perspective d’horizons limités peuvent s’organiser en crise. Les modes d’expressions peuvent être nombreux. À chacun de créer alors sa manière de subir ou de construire la « seconde » partie de sa vie et d’écrire une nouvelle page de son existence.

Certains d’entre nous choisiront de se faire aider par un professionnel sur ce chemin, car un regard extérieur et neutre peut aider à voir l’horizon s’illuminer d’un soleil nouveau…

Quelque soit le choix opéré, le tout est de ne pas se laisser submerger par « des vagues d’eau incontrôlable et destructrice ».

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J’ai un adolescent à la maison : comment dois-je m’y prendre ?

L’adolescence est une période qui inquiète bon nombre de parents avant même que les enfants n’y soient parvenus. Un temps que beaucoup évoquent comme une incontournable tempête. Il est possible de traverser ce temps de “crise” sans qu’il ne devienne une impossible rencontre, en préparant cette période en amont.

L’adolescence : une période de construction

L'adolescence, une période de construction

A l’arrivée du nourrisson dans la famille, la relation parent – enfant va impacter la période de l’adolescence. Un enfant qui naît n’est pas juste l’enfant de ses parents, il est également un être, un individu à part entière. Il importe de lui apporter l’affection nécessaire, une reconnaissance très tôt ainsi qu’une autonomie. Nombreux sont les parents qui voient leurs enfants comme le prolongement d’eux mêmes et non comme des personnes, ce qui est une erreur. Les enfants sont des êtres nécessitant la présence et la vigilance de leurs parents lorsqu’ils construisent leur personnalité.

Etre parent c’est répondre aux besoins primaires, affectifs et psychiques de son enfant. C’est un accompagnement permanent. Les parents doivent représenter la base de sécurité et de confiance à laquelle l’enfant pourra se référer tout au long de sa vie. En réalité, pour avoir un ado équilibré à la maison, il faut lui offrir une relation équilibrée.

Au cours de l’adolescence…

Le temps passé en famille va diminuer, ce qui est nécessaire pour l’autonomisation de l’enfant. Ce n’est pas un rejet mais une nécessité. Il convient de l’entendre et donc, en tant que parents, de revoir les règles, les organiser en rapport avec l’âge des enfants.

Un jeune de 17 ans ne peut avoir les mêmes règles que son frère ou sa sœur de 13 ou 14 ans. Ce n’est pas faire une différence dans les liens affectifs portés, mais une réelle nécessité à prendre en compte pour garder ce lien de façon apaisée.

Il n’est pas rare que les échanges s’imprègnent de superficialité mais ce n’est pas une fatalité. Il est parfaitement possible de garder une communication avec son ado. Pour cela, il importe que cette communication ait existé bien antérieurement. Un adolescent communiquant sera un enfant avec lequel on prend le temps de dialoguer et que l’on considère comme un interlocuteur.

Un ado aura ses secrets, mais il ne faut pas uniquement se focaliser sur son travail scolaire, même si ce dernier nécessite une implication parentale. Il est important de débattre sur les sujets qui peuvent surgir, ne pas s’imposer comme détenteurs d’une unique vérité.

Il faut écouter un enfant, ses arguments et lui faire entendre les vôtres en tant que parents sans lui faire penser qu’il dit n’importe quoi. Il est essentiel de prendre le temps d’entretenir cette communication avec son enfant. Elle induit une continuité de la confiance accordée par les parents en retour de celle qu’il apporte. Cela évitera qu’il devienne silencieux et absent même à coté de sa famille.

Les temps de conflits

Les conflits liés à l’adolescence naissent rarement à cette période mais sont plus observables. L’adolescent est en âge de répondre. Un ado en conflit avec ses parents a été un enfant qui n’a pas su trouver sa place, un enfant qui a subi une autorité parentale et qui ne s’est pas construit dans une relation familiale de confiance.

Un adolescent est dans une toute puissance de sa logique. Il est préférable d’écouter et d’argumenter afin qu’un débat de forme s’installe ; plutôt que de renvoyer qu’il ne sait pas de quoi il parle. La meilleure approche est vraiment autour des mots que l’on partage, des échanges d’idées que l’on exprime, des points de vue qui divergent.

Tout cela aura un effet bénéfique et constructeur pour que la relation soit le moins perturbée possible.  L’adolescent n’est plus juste dans l’acceptation d’ordres, il attend qu’on lui explique, qu’on lui reconnaisse sa capacité au raisonnement. Il testera ses parents dans la logique de leur discours.

L’adolescence peut ne pas être un temps de difficulté absolue, d’incompréhensions constantes, de conflits permanents. Il n’y a pas de recettes magiques. Prendre le temps de faire connaissance avec ses enfants, les considérer comme des personnes qui ont besoin de comprendre par des mots ce qui se passe dans leur famille est un premier travail. Un enfant avec lequel on parle, auquel on explique, on prête attention au-delà des résultats scolaires et des obligations familiales, sera un adolescent qui s’exprime et partage avec ses parents.

Il y aura bien sur des moments de frictions, des moments de tests, une façon d’acquérir son espace et sa vie pour l’adolescent, mais rien qui ne soit incontournable ou indicible.

La parentalité positive

La parentalité positive

L’adolescent est l’enfant qui a grandi aux côtés de ses parents. Ce qu’il montre est en lien direct avec ce qu’il a appris des positions parentales. En période de difficultés, il est essentiel de prendre le temps de parler, de partager ses passions (au moins dans l’écoute portée quand il en parle), de revoir certaines règles de la communication familiale. Il est aussi important de prendre le temps de partager des temps individuels avec son ado  (un déjeuner, une sortie etc). Il ne faut pas hésiter à se raconter, parler de soi, de son histoire et de sa propre adolescence : nous l’avons tous été.

Poser des limites est indispensable mais pour qu’elles soient entendus il faut s’accorder un peu de temps en famille pour les établir ensemble.