Non, la violence faite aux femmes n’est pas un mythe !

Article Rédigé par Dominic Anton

Chers lecteurs et lectrices,

Nous sommes ravis de partager avec vous ce formidable article de Dominic Anton – Psychothérapeute.


En 2013, 121 femmes et 25 hommes ont été tués par leur compagnons/es ou ex-compagnons/es. A ces décès, il faut ajouter la mort de 8 femmes et 5 hommes, tués par leur partenaire dans une relation non officielle. Le nombre total de décès s’élève donc à 129 pour les femmes et 30 pour les hommes.

En 2006, l’enquête « Contexte de la sexualité en France » mené par l’INSERM et l’INED, à l’initiative de l’agence nationale de recherche sur le SIDA, a permis de mesurer le nombre de personnes ayant subi des violence sexuelles (attouchements, tentatives de rapport forcé ou rapports forcés) au cours de leur vie. Ces violences ont concerné 20,4 % des femmes et 6,8 % des hommes âgés de 18 à 69 ans. (Source : enquête « Contexte de la sexualité en France », INSERM-INED, 2006.)

Dans la rue, les transports en commun ou les lieux publics, l’agression la plus fréquente est l’insulte ou la menace verbale. Nombreuses sont les femmes interrogées qui disent en avoir été victimes; pour plus de la moitié d’entre elles, cet affront s’est répété. Dans 25 % des cas, les femmes connaissent la personne qui a proféré l’insulte.  Connus ou non, les trois quarts des auteurs sont des hommes. L’agression verbale est plus fortement répandue dans les grandes villes et surtout en région parisienne, en liaison sans doute avec l’usage plus généralisé des espaces collectifs et des transports en commun.

Il est aujourd’hui assez fréquent d’entendre des hommes faire état de la violence existante envers le genre masculin dans une opposition à la reconnaissance de celle agit envers les femmes, est ce une démarche, qui autorise une approche à réduire et espérer voir disparaitre la violence quelque soit le sexe qui la subit ?

Vouloir comparer l’incomparable me semble dénuer de tout bon sens, le seul objectif qui devrait être visé reste la recherche de solutions en commun, aller vers des résultats et non des constats qui n’ont pour seul intérêt de ne pas être pertinents dans la lutte contre la violence quelle qu’elle soit.

 

Le monde et les femmes. (source O.N.U)

La violence à l’égard des femmes ne se limite pas à une culture, une région ou un pays en particulier ni à des groupes spécifiques de femmes au sein d’une société. Les racines de la violence contre les femmes se trouvent dans la discrimination persistante à leur égard.

Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie !

Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis.

On estime que, dans le monde entier, une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie.

 

Forme de violence sexuelle, la pratique du mariage à un âge précoce est courante dans le monde entier, notamment en Afrique et en Asie du Sud. Le mariage et les relations sexuelles sont souvent imposés à de très jeunes filles, ce qui comporte des risques pour leur santé, y compris l’exposition au VIH/sida, et limite la durée de leur scolarité.

L’incapacité des femmes de négocier des relations sans risques et de refuser des rapports sexuels non désirés est étroitement liée à la fréquence élevée du VIH/sida. Un rapport sexuel non désiré a pour conséquence un risque d’abrasion et de saignement plus élevé et une transmission plus facile du virus.

Les femmes battues par leur partenaire ont 48 % de chances de plus d’être infectées par le VIH/sida.

Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle et de plus en plus fréquemment infectées par le VIH/sida. Plus de la moitié des nouvelles infections à VIH dans le monde se produisent parmi les jeunes de 15 à 24 ans et plus de 60 % des jeunes séropositifs de cette tranche d’âge sont des femmes.
Entre 500 000 et 2 millions de personnes font l’objet de traite tous les ans à des fins de prostitution, de travail forcé, d’esclavage ou de servitude, selon les estimations. Les femmes et les filles représentent près de 80 pour cent des victimes découvertes.

La mutilation génitale féminine désigne différents types d’opérations d’excision effectuées sur les femmes et sur les filles.

  • On estime qu’entre 100 et 140 millions de filles et de femmes vivant actuellement ont subi des MGF/MSF, principalement en Afrique et dans certains pays du Moyen-Orient.
  • On considère que chaque année 3 millions de filles sont menacées de mutilations génitales.

Le meurtre pour cause de dot est une pratique brutale dans laquelle une femme est tuée par son mari ou sa belle-famille parce que sa famille ne peut pas répondre à leurs exigences concernant la dot, paiement fait à la belle-famille d’une femme lors de son mariage comme cadeau à sa nouvelle famille.

Alors que les dots ou paiements de ce genre sont courants dans le monde entier, les meurtres pour cause de dot se produisent essentiellement en Asie du Sud.

Dans nombre de sociétés, les victimes de viol, les femmes soupçonnées de relations sexuelles pré-conjugales et les femmes accusées d’adultère sont tuées par des membres de leur famille, car toute atteinte à la chasteté d’une femme entache, selon eux, l’honneur de la famille.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) estime que jusqu’à 5000 femmes sont victimes de « crimes d’horreurs » chaque année.

La violence avant et pendant la grossesse a de graves répercussions sur la santé tant de la mère que de l’enfant. Elle entraine des grossesses à haut risque et des problèmes liés à la grossesse, notamment la fausse-couche, l’accouchement prématuré et l’insuffisance de poids à la naissance.

L’infanticide féminin, la sélection prénatale en fonction du sexe et la négligence systématique des filles sont répandus en Asie du Sud et de l’Est, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Nombre de femmes sont confrontées à des formes multiples de discrimination et à des risques accrus de violence.

  • Les femmes autochtones du Canada courent cinq fois plus de risques de mourir des effets de la violence que les autres femmes du même âge.
  • En Europe, en Amérique du Nord et en Australie, plus de la moitié des femmes handicapées ont été victimes de maltraitance contre un tiers pour les femmes non handicapées.

La violence à l’égard des  femmes en garde à vue est courante et comprend la violence sexuelle, une surveillance inappropriée, des fouilles à nu effectuées par des hommes et des demandes d’actes sexuels en échange de privilèges ou de nécessités de base.

Doit on oublier que la violence envers une catégorie sexuée ne s’arrête pas aux frontières de notre pays ? Doit on banaliser un état de fait simplement car il n’est pas uniquement question de nos compagnes ? Sommes nous si peu en phase avec la réalité que le seul “combat” à mener soit celui d’opposer la violence faite aux femmes à celle faite aux hommes dans notre culture occidentale ?

Alors oui messieurs, il existe une violence envers les hommes, oui elle n’est pas à banaliser, mais soyons unis dans la recherche de solutions plutôt que de créer des comparaisons inutiles et juste alimentant la poursuite d’une autre forme de violence.

 

Si vous aussi vous souhaitez bénéficier de conseils ou d’accompagnement, retrouvez votre thérapeute sur www.positiveyou.co.

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *